Le sénateur élu du Michigan, Abdul El-Sayed, a déclaré dès son discours de victoire mardi soir que Nous ne voulons pas que notre argent soit envoyé pour faire de l’apartheid, du génocide ou de la guerre
. Le premier sénateur musulman de l’histoire des États-Unis, dont les critiques d’Israël ont attiré des attaques, rejoindra d’autres démocrates au Congrès en janvier avec l’intention de mettre fin à l’aide américaine à l’État hébreu.
Le même jour de l’élection, le président Donald Trump a annoncé mettre fin d’ici la fin de l’année au programme d’aide de 3,8 milliards de dollars annuels à la sécurité d’Israël. Il a affirmé s’être entendu avec le premier ministre israélien et jugé que son partenaire est désormais assez solide financièrement pour assumer ses besoins, tout en admettant vouloir éviter les critiques de ses adversaires démocrates.
Un consensus bipartisan qui s’effrite
Dov Waxman, professeur de sciences politiques à l’Université de Californie à Los Angeles, estime que le débat public sur Israël aux États-Unis va devenir encore plus critique et toucher davantage d’électeurs américains
à mesure que ces voix critiques accèdent à des postes importants. Il croit que le projet de loi Ban the Bombs
, qui vise à imposer un embargo partiel sur les ventes d’armes à Israël, a d’autant plus de chances d’être adopté lorsque la Chambre et le Sénat seront sous le contrôle démocrate.
Un sondage Gallup publié en février 2026 a indiqué un recul du soutien du public américain envers Israël depuis le début du conflit à Gaza. Seuls 36 % des Américains interrogés ont déclaré plus de sympathie pour les Israéliens, contre 64 % en 2018. Chez les républicains, ce soutien est tombé de 86 % à 70 %.
Un enjeu électoral majeur
L’ancien consensus bipartisan sur Israël n’existe plus
, juge Beth Miller dans le Guardian. Cette transformation risque, à terme, d’éloigner davantage les États-Unis d’Israël
, affirme Myriam Shermer, journaliste spécialiste du système politique israélien sur i24NEWS.

La vice-présidente J.D. Vance a désigné la guerre en Iran et la relation avec Israël comme des facteurs de la défaite électorale républicaine. Dans sa publication, il a listé modifier nos relations avec Israël
comme l’une des quatre priorités des républicains, visant un retour à l’America First
.
Les critiques d’El-Sayed et l’Aipac
Immédiatement après sa victoire confirmée, Abdul El-Sayed a adressé un message à l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), le lobby pro-israélien : A l’Aipac, qui a dépensé 42 millions de dollars pour me battre: nous venons [à Washington] dans le but de nous attaquer à votre système politique. Vous allez être battus deux fois.
Le chercheur Kobby Barda, du Holon Institute of Technology en Israël, estime que les dirigeants démocrates devront prouver à leurs électeurs qu’ils exercent des pressions sur Israël et s’efforcent de régler la question palestinienne. Il nuance cependant l’impact de ces voix critiques, notant que la marge de victoire démocrate les rend moins nécessaires pour assurer une majorité.