Le site d’investigation Mediapart a publié des éléments d’authentification pour attester la véracité de messages antisémites attribués au président du Rassemblement national, Jordan Bardella, datant de 2013 [1]. Face aux démentis de Jordan Bardella et du Rassemblement national qui ont dénoncé des « montages grossiers » et des « pseudo-preuves », le journal en ligne a détaillé la méthode utilisée lors de son enquête menée depuis le printemps 2026 [2].
Extraction Meta et constat d’huissier
Pour s’assurer de la véracité des propos, Mediapart a demandé à l’un des deux interlocuteurs de Jordan Bardella de solliciter Meta, la maison-mère de Facebook, pour obtenir un téléchargement des conversations sur Facebook Messenger pour l’année 2013 [3]. Les discussions ont été communiquées par deux sources différentes ayant évolué dans l’entourage de Jordan Bardella et n’ayant aucun lien entre elles [1]. L’extraction obtenue permet de dater la conversation, d’attester qu’elle n’a pas été modifiée a posteriori et de confirmer que l’interlocuteur est référencé sous le nom de Jordan Bardella [1]. Cette extraction de données a été validée auprès d’un huissier [1].
Recoupements biographiques et riposte judiciaire
Pour confirmer l’identité de l’auteur face aux arguments sur l’existence de plusieurs comptes, le journal s’est appuyé sur des éléments de vie privée et biographiques évoqués dans les conversations, tels que l’origine italienne de sa mère et française de son père, une interview accordée au Parisien en 2013, ou son échec au concours de Sciences Po [1]. Parmi les messages publiés figurent notamment les propos suivants : Les banques sont toutes détenues par des Juifs
et Le juif doit dominé les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur
[1]. En réaction, Jordan Bardella a demandé à son avocat de déposer plainte contre Mediapart pour faux et usage de faux [2].